COMMENT LA PSYCHIATRIE ET L'INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE ONT MÉDICALISÉ NOS ÉMOTIONS
de Christopher LANE, traduit de l'anglais (États-Unis) par François Boisivon
Présentation par l'Editeur
Connaissiez-vous l'importance du DSM ? Né aux États-Unis après
la Seconde Guerre mondiale, il est devenu dans les années 1980, avec
plus de trois cents maladies mentales répertoriées, le Manuel
diagnostique de référence de la psychiatrie mondiale, y compris
en France.
Pourquoi un tel succès ? Qu'a-t-il révolutionné dans la
pratique clinique ? Et d'où vient que les psychiatres américains
l'ont imposé en dépit de partis pris contestables ? L'enquête
magistrale menée par Christopher Lane - profitant des archives inédites
de l'Association américaine de psychiatrie - nous ouvre les coulisses
de cette vaste et ubuesque entreprise de classification des "troubles" mentaux,
subventionnée par les géants de la pharmacie, appuyée par
la surpuissante FDA (Food and Drug Administration), bénéficiant
du concours des universités, de la complicité des médias,
et du redoutable savoir-faire des agences de publicité.
Car avant de vendre un médicament, il faut vendre la maladie. Et cela
n'a jamais été aussi vrai que pour le "Trouble de l'anxiété
sociale ", pathologie vedette aux États-Unis, qui, à en croire
le DSM, caractérise indifféremment la timidité, ou bien
la peur d'uriner dans des toilettes publiques, ou tout simplement celle de faire
une gaffe. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quelles stratégies
ont été mises en place pour imposer la priorité de la recherche
diagnostique sur la pratique clinique ? Comment l'histoire de la psychiatrie
a-t-elle pu être aussi radicalement réécrite comme si Freud
et la psychanalyse n'avaient jamais existé ? Un livre percutant qui vient
à point nommé éclairer un débat d'actualité
bien connu des Français, premiers consommateurs européens de psychotropes.
Spécialiste d'histoire intellectuelle, lauréat de la prestigieuse
fondation John Simon Guggenheim, Christopher Lane enseigne et occupe une chaire
de recherche à l'université Northwestern de Chicago.
Lire la recension de l'ouvrage par Nicole Maillard-Déchenans (PDF 4 pages)