L'hécatombe des fous

La famine dans les hôpitaux psychiatriques français sous l'Occupation

Mot de l'éditeur

Sous l'Occupation, 45 000 malades mentaux sont morts dans les hôpitaux psychiatriques français.
Morts de faim. Les a-t-on laissé mourir ? Ont-ils été exterminés par le régime de Vichy ? Les psychiatres ont-ils été complices ? Alexis Carrel a-t-il été impliqué dans le drame ? C'est ce que, aujourd'hui, les partisans d'un devoir de mémoire mal compris martèlent avec force. Pour la première fois, une historienne mène l'enquête. Des années de recherche, dans des archives recelant des témoignages parfois insoutenables, lui ont été nécessaires pour reconstituer ce qui est passé et en livrer une interprétation.
Au lecteur de se prononcer sur les responsabilités engagées dans la tragédie.


Isabelle von Bueltzingsloewen est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Lumière Lyon 2 et membre du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA).

Extrait du livre :
Extrait de l'introduction :

Dans son édition du 11 au 17 février 1998, l'hebdomadaire Lyon capitale titre : "2 000 malades exterminés au Vinatier". En page 15 figure un entretien avec le psychiatre Patrick Lemoine, chef de service à l'hôpital du Vinatier, précédé du chapeau suivant : "Le psychiatre lyonnais Patrick Lemoine dénonce un génocide des malades mentaux au Vinatier pendant la dernière guerre". Cet entretien fait écho à la publication, aux éditions Odile Jacob, du dernier livre du Dr Lemoine, Droit d'asiles. Celui-ci relate sous une forme romancée l'idylle de deux jeunes infirmiers employés à l'hôpital psychiatrique du Vinatier, Joseph et Josette, qui assistent impuissants à la famine qui décime les malades entre 1940 et 1944.
L'ouvrage, récompensé aux Psys d'Or 1998 et par le Prix du roman historique, procure à son auteur une large reconnaissance médiatique. Mais il lui vaut également de sérieux ennuis à l'intérieur de son institution. Alors que le livre est assez bien accueilli par les autres catégories de soignants, ses collègues psychiatres de l'hôpital du Vinatier réagissent avec véhémence aux allégations formulées dans la préface de l'ouvrage qui comporte des annexes documentaires et une bibliographie. Dans ce texte de huit pages, Patrick Lemoine développe en effet la thèse de l'extermination des malades mentaux dans sa version la plus radicale. D'après lui, non seulement la famine qui a frappé les hôpitaux psychiatriques français sous l'Occupation aurait été intentionnellement provoquée par les autorités, mais Vichy aurait pu obéir à des directives venues de Berlin où, au même moment, s'accomplissait la politique nazie d'"euthanasie" des malades mentaux. En avril 1998, le président de la Commission médicale d'établissement, le Dr Jean-Pierre Losson, lit en séance une déclaration dans laquelle il affirme que les idées du Dr Lemoine portent gravement atteinte à l'honneur de l'établissement et de ses personnels, alors qu'elles n'ont jamais été validées par des historiens reconnus. Contestant la réalité de l'entreprise d'occultation qui, selon Patrick Lemoine, aurait conduit à bannir de la mémoire collective un drame effroyable, il affirme en outre la détermination de la communauté des psychiatres à assumer tous les épisodes de l'histoire de l'institution psychiatrique.

Fiche détaillée "L'hécatombe des fous"

Auteur

Isabelle von Bueltzingloewen

Editeur

Aubier                        

Date de parution

23/02/2007

Collection

Historique

Nombre de pages

384 pages

Format

14 cm x 22 cm

ISBN

2700723643

Prix Editeur : 22,00                Commander chez Amazon - 5 % + envoi gratuit