étienne Schmitt, harcelé ordinaire
Article de PUMPERNICKEL, journal satyrique de Wissembourg (Bas-Rhin) n° 46 p. 6
Tout commence fin 1987 quand il a la maladresse de répondre à une offre d'emploi de la mairie de Saverne qui recherche un maître-nageur à mi-temps appelé à devenir le responsable du service municipal des sports, nomination qui interviendra, plus tôt que prévu, le 1er août 1988. Dans un premier temps, les choses évoluent selon les termes de l'embauche, ce que ne manque pas de saluer l'employeur d'étienne par des appréciations élogieuses remarquées par la PLR(*) (DNA du 17/03/88). Tout est donc pour le mieux, n'était-ce cette régularisation statutaire qui tarde un peu. Mais, soyons patients !
Dégradation de la situation
Notre ami, en lien avec l'ancien secrétaire général de mairie, s'émeut de pratiques qui lui paraissent devoir motiver l'intervention rapide du maire et dont la dénonciation signe sa perte. N'ayant pas décidé de se taire, il s'expose à la mise en route du processus bien connu de la marginalisation et du dénigrement qui précèdent la mise à la porte, cela malgré l'absence d'insuffisance professionnelle, comme en témoigne sa notation administrative (18 sur 20, excellent agent).
En butte aux assauts de "collègues qui lui veulent du bien", étienne sombre dans la dépression, bonne occasion de répandre rumeurs et malveillances ("Il est paranoïaque et schizophrène, et, il paraît qu'il a le SIDA"), les plus hauts personnages municipaux n'hésitant pas à contacter directement sa famille pour la mettre en garde.
"Vol au-dessus d'un nid de coucou"
Il se trouve aussi un praticien pour ordonner un placement en hôpital psychiatrique et prescrire le traitement médicamenteux qui l'achève. Il connaîtra un second, puis un troisième internement dont il sortira complètement démoli, mais heureusement soutenu par des amis, sorte de comité de soutien, qui ne peuvent se résoudre à pareille orchestration de la déchéance d'un être humain. Ce troisième internement se fait dans des conditions rocambolesques avec arrivée de malheureux pompiers à qui on a dit qu'ils devaient neutraliser un individu dangereux. Manque de chance, c'est cet individu dangereux qui leur ouvre la porte et à qui ils demandent où se trouve le forcené… On est en juin 1994, et l'affaire dure depuis plus de 5 ans. étienne retrouve la liberté à la mi-juillet 1994.
Réinsertion sociale…
Soucieux de remonter la pente, étienne fonde une association culturelle qui organise animations et concerts dans le nord de la région. L'idée est de tordre le coup à tout ce qui a été véhiculé sur son compte, en particulier sur la prétendue altération de ses facultés mentales.
… et acharnement
Pendant ce temps, les procédures suivent leur cours, en particulier celles qui mettront étienne en congé de longue maladie à 3 reprises. D'autres échoueront comme celle de demande de mise sous tutelle qui amènera le Tribunal d'Instance, en avril 1999, à s'opposer à la demande municipale dans un jugement sans équivoque stipulant qu'expertise et contre-expertise mentionnent l'absence de toute altération de facultés mentales, corporelles ou physiques. Cette décision sonne comme une réponse au courrier que la mairie de Saverne envoyait un an auparavant à la sous-préfecture pour lui demander d'intervenir pour que "l'intéressé soit déclaré invalide à l'issue de son congé de longue maladie le 30 juin 1998." Faisant preuve d'une certaine suite dans les idées, le maire de Saverne tiendra des propos similaires en répondant aux questions d'un journaliste de Libération (11/01/2005).
Autodéfense
Malgré le soutien d'une partie du personnel municipal, amplifié par celui de 1 500 habitants de Saverne, la révocation intervient le 1er juin 2000.
Passons sur les vexations et intimidations [parfois accompagnées de voies de faits qui tournent immanquablement à la confusion de la victime désignée d'avance] dont les gêneurs sont la cible quand ils ont l'insolence de vouloir faire valoir leur droit à exister. Près de deux ans durant, c'est une sorte de guérilla qui est livrée entre le faible, qui doit perdre, et le fort, qui doit gagner, dont les effets ne tardent pas à se manifester sur le plan personnel : dislocation de la cellule familiale, tarissement des ressources financières, mise sous tutelle d'état.
Depuis, et pour tenter de mettre un terme à l'entreprise de démolition dont il est l'objet, étienne s'est soumis à un examen psychologique et psychiatrique complet qui a conduit le docteur Olivier GOSSELIN psychiatre spécialiste des affaires de harcèlement moral et de management, à rédiger, le 4 novembre 2005, les conclusions suivantes : "…il n’existe et n’a existé aucune pathologie psychiatrique chez ce patient hors les difficultés thymiques liées à l’absence de reconnaissance du préjudice commis."
Et maintenant ?
Encouragements et soutiens ne manquent pas. Une association nationale, créée en 1975, Le Groupe Information Asiles, 14 rue des Tapisseries 75017 Paris 01 47 53 05 62 www.groupeinfoasiles.org représentée par son Président, M. André BITTON, s'est proposé d'apporter son soutien à étienne qui doit maintenant faire l'objet d'une réhabilitation complète, en particulier en matière de droits civiques et familiaux.
L'essentiel de cette affaire tient dans le fait que l'intéressé est le plus souvent mis dans la seringue et doit faire la preuve de son innocence face aux affirmations émanant du pouvoir qui bénéficie a priori de la légitimité. C'est en faisant le travail d'information qu'une solution juste et humaine sera trouvée.
Plus généralement, on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec le combat de Jean-Paul Klée, lui aussi mis à l'index, radié de l'éducation nationale, pour avoir dénoncé le scandale des établissements Pailleron et de l'amiante en général. Réduit à la misère sociale, ne pouvant compter que sur ses amis pour mener une existence dans la dignité, il doit encore déjouer pièges et chausse-trappes comme lorsque l'on a voulu récemment placer sa mère âgée sous tutelle, et partant le priver de logement et de ressources. Là encore, l'expertise psychiatrique vient servir de béquille à l'ordre établi pour mettre le gêneur hors circuit. On se rappellera également l'épopée de Gérard Hermann, racontée dans son livre autobiographique (t'es viré, voir Pumpernickel n°30, décembre 2002), lui aussi victime d'une entreprise de déstabilisation.
(*) P.L.R. : presse locale de révérence
Solidarité
Pumpernickel n'est évidemment pas le premier à parler d'étienne Schmitt.
"Tonic Magazine" lui a déjà consacré 6 articles (11/2000, 04/2001, 08/2002, 10/2002, 05/2004, 07/2004).
Le Républicain Lorrain a fait de même dans une édition du 14/06/2002.
Vous pouvez joindre étienne sur son site :http://etienne.saverne.free.fr
La suite : Etienne Schmitt, harcelé ordinaire 2/n : Pumpernickel n° 47 décembre 2006