A vingt ans, je suis brutalement internée : un médecin me fait une piqûre de force, qui m'anéantit. Je me retrouve internée dans une cellule d'isolement d'une clinique psychiatrique marseillaise. Raison: j'ai quitté les miens pour devenir religieuse en Inde.

 

Une caméra m'observe jour et nuit. Une grosse infirmière rentre dans la cellule toutes les dix minutes me faire une piqûre pendant de nombreux jours.

Je restai trois mois enfermée. Au bout de trois mois, on me laisse sortir avec le traitement suivant :

ORAP 4 :   4 comprimés par jour

Nozinan gouttes : 15 le soir

Heptamyl : 160 gouttes par jour

Lepticur : 3 comprimés par jour

MODITEN retard : 100 grammes en intramusculaire toutes les deux semaines.

 

Je subis 24 électrochocs en 10 ans.

 

 

Pendant trois ans sans arrêts on me gave de neuroleptiques en me persuadant que je suis gravement malade : je dois voir un psychologue-psychiatre trois fois par semaine à 34 euros la séance. Plus le psychiatre de la clinique une fois par semaine.

 

Je manque devenir autiste devant la violence qui m'est faite avec l'accord de mes parents, persuadés que je suis malade.

 

Noël deux ans plus tard : j'entends du balcon les voitures m'appeler et les hallucinations auditives commencent. Très peu au début. Parfois, de temps en temps.

 

 

Je fuis la France et demande asile à un jésuite que je connaissais. Pendant le voyage, sans traitement, je commence à perdre la raison. Puis je me retrouve mise à la porte du Jésuite après avoir maudit, car je n'obtenais pas d'aide. Selon moi.

 

Un soir, dans un centre humanitaire, éclate soudain un bruit inimaginable, des millions de voix terrorisantes qui m'accablent. Cela dura treize mois. Puis à nouveau hôpital. Je sors presque dans le silence et rentre en France.

Depuis, chaque fois que j'arrête le traitement de neuroleptiques, j'entends des voix.

 

A vingt ans je n'entendais pas de voix et j'étais en bonne santé. Aujourd'hui j'attends d'avoir le droit de guérir et de cesser les neuroleptiques qu'on me force toujours à prendre, même avec appel à la justice !